Toxicomanie

Dr. S. Haouat

I. Toxicomanie

Le mot toxicomanie ou pharmacodépendance désigne le comportement du sujet face à la drogue.
Selon L’OMS :
« Etat psychique et quelquefois physique résultant de l’interaction entre un organisme vivant et un
médicament, se caractérisant par des modifications du comportement et par d’autres réactions, qui
comprennent toujours une pulsion à prendre le médicament de façon continue ou périodique afin de
retrouver ses effets psychiques et quelquefois d’éviter le malaise de la privation.
Cet état peut être accompagné ou non de tolérance. Un même individu peut être dépendant à
plusieurs médicaments ».
Accoutumance : Etat de la consommation répétée d’une drogue, provoquant le désir de la
renouveler en entraînant donc une certaine dépendance psychique.
Dépendance : La toxicomanie repose sur l’invincible désir (psychologique) et besoin
(physiologique) de continuer à consommer de la drogue et à se la procurer par tous les moyens
La dépendance est fonction : De la drogue utilisée, De la personnalité du sujet et Du contexte.
Les troubles du syndrome d’abstinence (le manque) sont de nature psychique ou physique.
Tolérance : La tolérance est un état d’adaptation pharmacologique qui nécessite d’accroître la dose de drogue afin d’obtenir l’effet psychologique initial.
Asséutude : C’est l’asservissement à une drogue, avec une dépendance psychique et souvent physique

II. Drogue :

Définition : « produit psychoactif naturel ou synthétique, utilisé par une personne en vue de
modifier son état de conscience ou d’améliorer ses performances, ayant un potentiel d’usage nocif, d’abus ou de dépendance et dont l’usage peut être légal ou non ».

ire de Toxicologie_CHU de Constantine 2/14
Motifs de consommation :
1. Satisfaire la curiosité, le désir d’expérimentation afin de connaître l’effet du produit.
2. Recherche l’évasion, l’effet réputé, l’euphorie, le bien-être.
3. Répondre aux pressions du groupe : (le monde de la musique rock).
4. Besoin d’assurance et de confiance en soi, pour faire face aux problèmes.
5. Réduire l’angoisse, oublier une peine ou un échec et augmenter l’appétit sexuel.
Classification des drogues :
Juridique « licite ; tabac,café..- illicite; cannabis, cocaine »
Selon la dangerosité « douce;cannabis(pas de décès) – dure;héroïne(mort) »
Selon l’origine « naturelle ; cannabis..- de synthèse; ecstasy,.. »
Selon les effets (Thuilier et Pelicier 1991) :
1. Les stimulants : Tabac, Cocaïne, Crack, Mdts stimulants (Amphétamines et autres dopants),
Ecstasy.
2. Les hallucinogènes ou perturbateurs : Cannabis et produits dérivés, Produits volatils
(colles et solvants, anesthésiques volatils), Kétamine, LSD, champignons hallucinogènes……
3. Les dépresseurs : Alcool, Mdts tranquillisants et somnifères (Barbituriques,
Benzodiazépines…), Opiacés (Héroïne, Méthadone, Codéine, Morphine…).

A. Les perturbateurs :

Agissant sur le SNC : double effet, accélération et/ou ralentissement des processus normaux de
l’organisme → effets tantôt stimulants, tantôt dépresseurs.
Altèrent les perceptions, les émotions et l’ensemble des processus psychologiques.
Cannabis, LSD, Solvants, Les plantes et champignons hallucinogènes

1) Cannabis :

Description : Chanvre indien ou cannabis sativa /Origine : Asie centrale et occidentale
Forme :
– Feuille de cannabis : marijuana : PA(D9THC): 4 à 10 %
– Résine (haschich, shit, kif) : PA : 10 à 40 %
– L’huile de cannabis : 30-60%
Composition : Plus de 60 cannabinoïdes, dont principalement :
– Δ9-THC: principal produit psychoactif chez l’homme/Δ 8- THC: moins psychoactif que le
précédent/cannabidiol/cannabinol : non psychoactif, activité anti-inflammatoire.
Toxicocinétique :
Absorption:
– Par inhalation: rapide > 60% ; Délai d’action < 1 mn.
Pic plasmatique: 10-20 mn
– Par voie orale : F = 6% à 20% (1PH). Délai d’action
=1 heure ; pic plasmatique : 3 à 4h
Distribution : liaison aux lipoprotéines : 90-99%.
– Très liposolubleàfixation tissulaire importante
– CEH +++, placenta +
Métabolisme : Oxydatif par le CYT P450 2C9
Elimination :
– bile ++àCEH/rein, sueur lait maternel.

– Dans l’urine : THC inchangé à l’état de traces, THC-COOH : 30%.
– ½ vie d’élimination = 44-60 hà27 jrs.
Mécanisme d’action : PA : Δ9 THC
Le THC commence par se fixer sur les récepteurs
CB1 de l’anandamide. Ce récepteur modifie alors
l’activité de plusieurs enzymes intracellulaires,
dont l’AMPc dont il diminue l’activité. Moins
d’AMPc signifie moins de protéine kinase A. La
baisse d’activité de cette enzyme affectera les
canaux potassiques et calciques de façon telle que
la quantité de neurotransmetteurs relâchés sera
diminuée. L’excitabilité générale des réseaux de
neurones s’en trouvera donc elle aussi amoindrie.
Toxicité du cannabis :
v Intoxication aigue : Ivresse cannabique : 04 phases :
Phase d’excitation : sensation de bien être physique et morale
Phase d’exaltation sensorielle : modification de la notion de temps et d’espace.
Phase d’extase ou repos.
Phase de depression.
v Usage fréquent et prolongé :
– Sur le comportement (effets réversibles):
– Affaiblissement des facultés mentales ; troubles de mémoire et d’attention
– Humeur changeante, perturbation de la perception temporelle et visuelle
– Manque d’énergie, difficulté d’accomplir un travail, -baisse d’intérêt, négligence de soi.
– Augmentation de la dose ——–> hallucinations, de paranoïa et des réactions de panique.
– Dépression respiratoire.
– Système endocrinien : homme : baisse de la testostérone/ femme : perturbations du cycle
menstruel
– Utilisations thérapeutiques : THC (dronabinol)à anti nauséeux, analgésique, myorelaxant,
anticonvulsivant
Tolérance et dépendance :
Tolérance : rapide après quelques doses mais elle disparaît également rapidement.
Dépendance physique : chez les consommateurs quotidiens. (sevrage 8 à 24 h)
Dépendance psychologique : Il est peu toxicomanogène.

2) LSD

Diéthylamide de l’acide lysergique ou lysergamide (un dérivé indolique de l’ergot d seigle),
Il était découvert par Hoffman en 1947,
Pur;c’est une poudre cristalline blanche et inodore
Il est vendu sous forme de gouttes sur du papier ou mélangé au sucre ou comprimés (pills)
Utilisé par voie orale mais aussi par inhalation ou injection
Effet commence 30min après l’ingestion et dure 5 à 8h. La dose active 40 à 500 microgramme.

Toxicocinétique :
Absorption rapide par voie orale au niveau gastro-intestinale
Métabolisme essentiellment hépatique
Élimination urinaire : 1% sous forme de LSD inchangé. des métabolites déméthyles ,13 et 14-
hydroxy-LSD glucuronoconjugués, Temps de demie vie = 3 h et 5h
Mode d’action :
Il n’est pas encore très connu,
*LSD est un agonise dopaminergique
*LSD est un antagoniste de la sérotonine, il bloque les récepteurs post synaptiques induisant un
fonctionnement anarchique des neurones
Risques : Lors des hallucinations, les sujets montrent une certaine violence, ainsi que les différents
troubles génèrent un état de dépression et les usagers évoquent « un mauvais voyage » parfois suivi
de suicide.
Les hallucinogènes sont l’origine des « flashes back » ou « trip ». « la répétition des hallucinations à
distance de la prise des produits (jusqu’à un mois) »
Tolérance : rapide
Dépendance : physique est nulle, psychique est très faible

3) Solvants :

Recherche de sensations d’euphorie et d’ébriété, voire d’altération des perceptions, produits variés :
– essence, kérosène, cosmétiques, colles, dissolvants, liquides correcteurs, détachants, white spirit,
décapants, gaz de briquet ou propulseurs fluorés d’aérosols).
– agents anesthésiques (anciennement éther et chloroforme, actuellement gaz anesthésiants
halogénés ou protoxyde d’azote) surtout dans le milieu médical
Sniffing, bagging, huffing…
Effets :
Ils sont transportés rapidement au SNC (liposolubles) mais leur action est brève (15 à 45min)
A dose limitée : stimulation du SNC (euphorie, hallucinations, mégalomanie convulsions,
désinhibition)
Encas de surdosage :
Dépression neurologique et respiratoire • morts subites
A long terme :
-arythmies cardiaques et dépression respiratoire, asphyxie hypoxique, bronchoconstriction aiguë
(hypersensibilité)
– décès traumatiques, consécutifs aux troubles de comportement
-Explosion et brûlures : gaz butane, ‘‘huffing’’ (inhalation de vapeur d’essence)

Désolé, je terminerai la mise en forme plus tard, j’ai un contrôle à préparer, utilisez le fichier PDF en attendant ^^

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